Une vision humaniste de la Médiation
La Médiation ou l'autre manière d'écouter...
A mon entrée à l'IHEMN, la première découverte fut celle de la posture du Médiateur et de l’écoute active.
Si l’avocat se doit par essence d’apporter une écoute attentive aux confidences de son client, celle-ci reste dominée par la posture dominante du sachant.
Cette posture encourage l’avocat à abandonner son empathie assez rapidement, jugée souvent encombrante, pour privilégier son analyse et son expertise.
De son côté, le client pressé d’obtenir un soutien énergique va rapidement se déresponsabiliser de la solution à venir et adopter le comportement du « jeteur de patate chaude » !
Tant la posture du Médiateur que la pratique de l’écoute active me sont ainsi apparues comme révolutionnaires et très prometteuses !
L’écoute active et la posture non dominante du Médiateur permettent en effet de maintenir les « médiants», appelation mettant l’accent sur le rôle actif de chacun, dans la position d’acteur vers la sortie de la crise, et de leur reconnaître toute leur part de responsabilité dans la résolution du différend.
Le Médiateur est ainsi en mesure de maintenir une posture empathique respectueuse du pouvoir d’auto détermination de chacun tout en permettant la reconnaissance et la compréhension des sentiments et des émotions exprimés.
C’est effectivement par le langage des émotions que la restauration de la communication va s’entamer.
On ne peut donc pas envisager la Médiation sans évoquer les principes de la Communication Non Violente (CNV).
Il s’agit ici de s’inspirer de ses principes pour développer un cadre sécurisant qui permette l’accueil bienveillant de la parole de chacun tant dans sa dimension objective que dans celle plus subjective, permettant ainsi de rechercher les besoins non verbalisés jusque là et d’en déduire les demandes inconscientes ou mal formulées non satisfaites.
Le Médiateur va donc se positionner en accompagnant et non en sachant et offrir une approche nouvelle de la situation conflictuelle vécue comme un échec de la relation.
L’écoute active permet de faire le lien entre la reconnaissance d’une vérité factuelle et émotionnelle et l’expression d’un besoin souvent inconscient.
Il ne s’agit pas tant de rechercher la réalité factuelle que le vécu de chacun face à ces faits et événements à l’origine du différend.
Nul ne peut en effet nier que nous portons chacun un filtre au travers duquel passent toutes nos expériences de vie.
Ce filtre constitue un véritable prisme pouvant occulter certains aspects comme en exacerber d’autres.
La psyché humaine n’est donc pas neutre et la rencontre avec l’autre constitue toujours une rencontre avec une part inconsciente de nous-mêmes.
C’est ainsi que « nous nous rencontrons maintes et maintes fois sous mille déguisements sur les chemins de la vie. » (C.G.Jung, L'âme et la vie)
Le fléau de notre société occidentale moderne est d’avoir nourri le mental au détriment du cœur, faisant une place d’honneur aux valeurs de l’homme fort et mettant de facto en déflation et en faillite les valeurs du lien dites du féminin.
La lecture notamment de « Psychanalyser Jung », de Pierre Trigano permet de s’en convaincre.
Il s’agit là de la réalité de l’action des archétypes auxquels nous somme tous soumis de manière inconsciente, notamment au travers de la persona familiale, premier modèle de perfection imposé.
Or, chacun d’entre nous, sans distinction de genre ni d’origine, est porteur de valeurs d’essence masculine et féminine.
Leur harmonisation est l’œuvre d’une vie !
Privilégier l’une à l’excès met l’autre en déflation et crée la crise qui est le symptôme d’un déséquilibre.
La pertinence de la voie de la Médiation est précisément de rechercher cet équilibre en commençant par accueillir la vision de chacun et en tenant compte des besoins inconscients non respectés exprimés par les émotions.
La Communication Non Violente (CNV) s’avère être un processus de communication particulièrement précieux pour le Médiateur.
Il a été élaboré par Marshall B. Rosenberg selon lequel ce sont « le langage et les interactions qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d'en faire autant ».
Le Médiateur va donc tout mettre en œuvre pour permettre aux médiants de découvrir la réalité cachée par leur différend.
Et le processus de la Communication Non Violente constitue un outil pertinent et en réalité universel pour amener les médiants vers une « communication consciente » dont les caractéristiques principales sont l'empathie, l'authenticité et la responsabilité.
L'assertivité, qui désigne la capacité à s'exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres, est au cœur du processus.
Elle permet un échange équilibré et respectueux.
L’approche adoptée par la CNV partage donc avec la Médiation les mêmes valeurs et exigences.
Le cadre que pose le Médiateur est donc primordial et doit être validé par chacun des médiants qui s’engagent en conscience dans le processus.
Il peut prendre, lors du premier entretien individuel, la forme d’une charte morale signée ensemble après l’exposé des règles de conduite et de confidentialité.
Cette implication personnelle est fondamentale et constitue un préalable obligatoire.
Une fois les principes de la Médiation expliqués, le rôle du Médiateur compris, le cadre posé et la charte morale signée, le processus de Médiation peut commencer.
Le Médiateur va donc devoir s’inspirer du processus pour restaurer le lien entre les médiants et les guider vers une résolution respectueuse des besoins de chacun.
Qu'il s'agisse de clarifier ce qui se passe en soi ou de communiquer avec d'autres, la Médiation permet un cheminement que la CNV décrit en quatre temps que l’on va rapprocher des étapes du processus de Médiation selon le modèle de Thomas FIUTAK.
Il est intéressant cependant de rapprocher ce modèle de celui dit humaniste de Jacqueline Morineau fondé sur les principes de la Tragédie Grecque où nous retrouvons les étapes de la theoria, de la crisis et de la catharcis. (L'Esprit de la Médiation, Jacqueline Morineau)
Le Quoi ou l’objet du différend et l’Observation de la situation telle qu’exprimée :
Le Médiateur, après avoir obtenu l’adhésion volontaire des médiants à la charte morale et au processus de Médiation, va inviter chaque médiant séparément, individuellement si possible dans un premier temps, à exposer l’objet du différend.
Lors de cet exposé, le Médiateur adoptera une écoute active en procédant ensuite par reformulation pour rassurer le médiant et l’amener à avancer dans le processus en toute sécurité.
A ce stade, il convient de tenir compte des enseignements de la CNV qui expliquent que lorsque nous décrivons une situation, nous exprimons différentes choses :
des observations objectives (ce qu'on a vu, ce qu'on peut logiquement en déduire sans faire d'hypothèse particulière)
des évaluations (pensées en termes de bien ou de mal, qualification de la personne ou la situation etc.)
des interprétations (conclusions qui se basent sur des présupposés)
Du point de vue de la CNV, les évaluations et les interprétations sont légitimes et peuvent être exprimées.
Il est cependant important de les distinguer des observations objectives et de prendre conscience qu’elles sont le fruit de notre « imagination » ou du moins qu’elles sont passées par le filtre de notre prisme personnel et inconscient.
Il est ici fait référence par Marshall B. Rosenberg au philosophe indien Krishnamurti auquel il prête la pensée suivante :
« Observer sans évaluer est la plus haute forme de l'intelligence humaine ».
Il est donc recommandé d'éviter d'utiliser des évaluations et des jugements, parce que si l’interlocuteur se sent jugé, il aura tendance à s'investir dans l'autodéfense plutôt que la compréhension.
C’est ce que tout Médiateur doit éviter absolument.
C’est pourquoi il distinguera et valorisera les observations objectives et distinguera les évaluations et interprétations qui résultent des ressentis subjectifs du médiant lesquelles enferment le récit alors que le processus tend à faire émerger une solution du potentiel de créativité de chacun.
Celles-ci pourront cependant servir d’appui à la seconde étape pour dégager les émotions sous-jacentes.
Il paraît donc judicieux d’opérer cette distinction au stade de l’entretien individuel pour ne pas compromettre le processus.
Le Médiateur pourra y faire référence lors de la réunion plénière de manière habile en questionnant le ressenti sans évoquer expressément les jugements et évaluations potentiellement bloquants.
Le Pourquoi et Les Sentiments et attitudes suscités dans la situation décrite :
Comme la maïeutique est au coeur de la philosophie socratique, la « phase du Pourquoi » tente de faire émerger des vérités inconscientes.
En effet, la maïeutique se définit comme l’accouchement des esprits.
Par le biais du questionnement, l’esprit du questionné parvient à trouver en lui-même les vérités.
La maïeutique est donc l’art d’accoucher les esprits, de leur faire enfanter la vérité.
Le philosophe Socrate affirmait en effet que chacun porte en lui le savoir, sans en avoir conscience.
Il définissait son art en ces termes :
“Mon art de maïeutique a les mêmes attributions générales que celui des sages-femmes. La différence est qu’il délivre les hommes et non les femmes et que c’est les âmes qu’il surveille en leur travail d’enfantement, non point les corps” (Socrate dans le Théétète)
Le questionnement sera alors simple, direct et toujours bienveillant.
La présence du Médiateur et sa posture doivent ainsi témoigner d’une réelle empathie et la reformulation est le premier outil pour ensuite approcher les émotions.
« Qu’avez-vous ressenti ? » Peur, Curiosité, Surprise, Tristesse, Colère …
Ou mieux, « je ressens » ou « je vous sens » …
Cette mise en mot est très délicate et nécessite un vrai travail d’introspection.
La CNV nous invite pour cela à développer un vocabulaire affectif pour exprimer toute la palette d'émotions qui peuvent nous toucher.
Les rattacher aux 6 émotions principales permet d’envisager le besoin insatisfait puis la réponse à apporter.
La Médiation Humaniste pose très clairement l’ambition d’accueillir les émotions dans leur entier sans chercher à les minimiser.
C’est ainsi qu’elle favorise l’expression sincère et authentique de la colère en estimant que le choc émotionnel permet une réelle prise de conscience et l’ouverture de chacun à sa réalité première.
Le Médiateur est ici porteur d’espérance et son efficacité est en lien direct avec sa propre complétude, son travail d’individuation.
Par effet miroir, le Médiateur est récepteur du vécu de chacun et leur renvoie le non-dit caché par le récit.
Les silences sont aussi puissants que les mots choisis lors de la reformulation.
Le Médiateur doit donc avoir entrepris ce chemin de verbalisation des émotions refoulées.
Ainsi comme tout psychanalyste en formation doit faire sa propre analyse avant d’envisager d’exercer, le Médiateur doit avoir entrepris ce travail d’introspection.
Le Médiateur doit pouvoir nommer ses propres émotions pour aider le médiant, non initié à l’exercice, à le faire.
Il n’est en effet par rare de se heurter à des difficultés à cette étape, certaines émotions étant socialement jugées néfastes comme la colère pour les femmes et la tristesse pour les hommes.
Ces émotions peuvent donc être réprimées au point qu’une autre émotion s’y substitue instantanément, rendant la réponse inappropriée et le besoin réel totalement insatisfait car ignoré.
Ce travail est donc au cœur du processus et nécessite un bon discernement de la part du Médiateur.
Cette phase permet dans un premier temps de libérer la charge émotionnelle qui bloque le processus de résolution.
Dans un second temps, elle renseigne sur la nature du besoin insatisfait ou remis en question par la situation objet du différend.
Il convient donc de conserver à l’esprit que les émotions nous aident à découvrir nos besoins et qu’elles sont en elles-mêmes porteuses d’un enseignement précieux.
Les émotions ne sont ni positives ni négatives ; certaines nous sont tout simplement agréables, comme la joie, ou désagréables, comme la colère ou l’impuissance.
Toutes les émotions ont un but, sont valides et nécessaires à notre équilibre.
Elles méritent d’être considérées comme des compagnons de voyage, des amies qui veulent nous aider et nous indiquer quels sont nos besoins à satisfaire.
Nous pouvons ainsi les envisager comme la piste à suivre vers le besoin que le différend est venu atteindre.
Il est opportun de garder à l’esprit que les émotions ont bien plus à nous dire que les mots maladroitement exprimés, nécessairement réducteurs et trompeurs quant à la réalité de la souffrance vécue au travers du différend.
Quelques liens ressortent ainsi de l’observation de 4 d’entre elles :
Colère / Injustice
Tristesse / Perte
Peur / Danger
Joie / Bénéfice.
Nommer les émotions et faire le lien avec le besoin insatisfait remettant en cause l’équilibre de la relation permet de comprendre l’impact réel de l’évènement à l’origine du différend.
L’émotion vient donc pousser la personne à agir dans le sens de la satisfaction d’un besoin fondamental insuffisamment respecté ou atteint par la situation conflictuelle.
Elle permet de prendre conscience du déséquilibre à corriger.
Nos émotions sont donc des guides naturels trop souvent ignorés que le corps ne manquera pas de multiplier en fréquence et intensité tant que nous n’aurons pas répondu au besoin insatisfait !
Un des pièges habituels dans l'interprétation des émotions et des sentiments est de faire l'amalgame entre les émotions et la perception que l'on se fait de l'autre, de ses agissements et de ce qu'on imagine faire.
De manière générale, à chaque fois qu'intervient le mot « tu » dans une phrase (« vous », « les autres »…), la probabilité est très forte qu'il s'agisse d'un jugement et non d’une émotion.
Car l’émotion s’exprime en « Je » et se traduit par un mouvement intérieur et non mental.
C’est pourquoi le Médiateur explique lors de la pose du cadre la règle sacro-sainte selon laquelle le « Tu TUE » la communication !
Il paraît donc essentiel d’inviter chacun à exposer la situation comme il la raconterait à son meilleur ami.
La place du Médiateur est ici centrale et permet une expression libérée de la crainte de la réaction ou du jugement de l’autre.
Cette invitation à conter les faits… peut l’être, à mon sens, comme nous le ferions auprès de son analyste pour un rêve de la nuit.
Il s’agit d’une proposition qui me paraît judicieuse car elle permet une légère distanciation vis-à-vis des pré-jugements faits sur la situation.
Le récit devient alors un matériau objectif duquel on pourra extraire les émotions par un questionnement habile et empathique.
Plus encore, la technique de l’analyse symbolique appliquée à la contemplation d’un évènement de la vie relationnelle réelle est très pertinente et à rapprocher de l'approche humaniste.
En effet, Pierre TRIGANO psychanalyste et analyste de rêve, co-fondateur avec Agnes VINCENT de l’Ecole des Rêves et des Profondeurs, n’hésite pas, comme le faisait C.G. JUNG à analyser une expérience réelle comme il le ferait d’un rêve estimant que la vie relationnelle que le sujet a avec le monde extérieur vient en synchronicité objective avec sa vie relationnelle intérieure, inconsciente.
Cette vision me paraît rejoindre l'expérience de la Catharsis selon l'approche humaniste de Jacqueline Morineau.
Sans pour autant envisager un travail d'analyse au sens thérapeutique du terme, elle permet au Médiateur de situer son rôle auprès de chacun à un niveau de relation profond auquel seule une réelle empathie peut mener dans un cadre sécurisé.
Dès lors que nous ne sommes pas conscients du lien entre nos besoins et nos émotions, nous croyons que ce sont les situations qui, seules, provoquent ce que nous ressentons et nos attitudes.
Or entre les actions des autres et nos ressentis, il y a nos besoins qui sont un élément de causalité intermédiaire.
D'où l'importance de déterminer les besoins et de les assumer pour pouvoir formuler les demandes.
Par ailleurs, si l'on accompagne les demandes de l'explication des raisons profondes sous-jacentes, on permet une compréhension réelle et, s’il ne peut être fait droit à la demande, une alternative pourra être proposée.
Seule leur expression diffère selon les personnes, les époques, les cultures.
Les obstacles à l'expression des besoins les plus classiques résultent :
du conditionnement social ou familial qui réprime l'expression des sentiments,
d’un manque d'habitude ou de vocabulaire pour exprimer ses sentiments et ses besoins,
de la crainte de se mettre en position de faiblesse,
de la difficulté à croire que l'autre puisse faire preuve de bienveillance à l'égard de nos besoins.
Le Médiateur sera donc en présence de besoins insatisfaits différents selon les personnes en présence et devra leur donner leur juste place dans le processus de résolution.
La qualité de l’accueil des médiants est donc essentielle pour apporter l’assurance d’un cadre sécurisant, confidentiel et bienveillant.
L’émergence de Demandes réalisables, concrètes, précises et formulée positivement :
La CNV nous invite à traduire nos besoins généraux en demandes concrètes, permettant des actions précises utiles à la satisfaction des besoins les plus urgents.
A défaut, il convient de prévoir des actions possibles afin de répondre à un problème qui pourrait se produire ou se reproduire à l’avenir.
Le fait qu’une demande soit accompagnée d'une formulation des besoins la rend de fait négociable.
Pour favoriser cette émergence, il appartient au Médiateur d’inviter les médiants à faire œuvre de créativité sans craindre aucun jugement.
L’accueil des émotions et la reformulation de celles-ci doit permettre à la relation de s’installer sur un registre plus large que l’écoute rationnelle qui n’active que le cerveau gauche et accéder donc au potentiel de créativité du cerveau droit.
Pour 80 % des gens de nos sociétés occidentales, c’est le cerveau gauche qui est dominant.
C’est le cerveau de la raison.
Il est logique, cartésien, séquentiel (il ne traite qu’une seule donnée à la fois) et spécifique.
Pour le cerveau gauche, une question = une réponse. Il fonctionne en binaire, ce qui implique qu’il n’y a qu’une seule façon de faire les choses.
Le cerveau droit est quant à lui le siège de l’intuition, de la créativité, de l’imagination, des émotions et de la pensée fulgurante.
Il fonctionne de façon beaucoup plus puissante que le cerveau gauche mais est largement sous-exploité !
On comprend mieux pourquoi les personnes qui ont le cerveau droit dominant peuvent avoir des soucis à s’intégrer en société et peuvent mal vivre leur différence.
La première chose, c’est que les « cerveaux droits dominants » pensent en arborescence c'est-à-dire qu’ils explorent plusieurs pistes à la fois et ont une vision globale des choses.
Leurs sens sont plus développés (hyperesthésie et synexthésie) et leurs émotions sont également plus intenses, ils ont une plus grande sensibilité et ont une très grande empathie.
Le traitement des émotions en amont de la recherche des besoins permet ainsi au Médiateur de solliciter le cerveau droit qui est également le siège de la créativité des médiants.
La qualité de la communication est donc au cœur du processus et exige l’adhésion des intervenants.
Une communication saine classique s’accompagne d’un ton courtois, bienveillant et d’une écoute attentive.
Elle exclut la menace, les ordres, les exigences et autre attitudes contraignantes révélatrices d’un rapport de force générateur de violences et frustrations.
Mais dans le processus de Médiation humaniste une place centrale est faite à l’accueil des émotions exprimées par chacun sans filtre car elle permet une compréhension profonde des enjeux jusque là ignorés. (Jacqueline Morineau)
La posture centrale du Médiateur est donc primordiale pour éviter de voir la situation dégénérer.
Le non-jugement vis-à-vis de soi-même comme de l’autre est une des clés d’une relation ouverte.
Si au contraire le demandeur reste serein face au refus et manifeste de l'empathie envers les besoins de son interlocuteur, il garde la communication ouverte.
Il s'agit donc bien d'une demande, au sens de la CNV.
Ce que Marshall B. Rosenberg exprime ainsi : « Dès lors que nous sommes prêts à écouter pleinement ce qui empêche l'autre de faire ce que nous lui demandons, nous formulons une demande, selon ma définition, et non une exigence. »
De cet apprentissage de l’autre en soi par l’ouverture à la relation peut naître l’homme en paix.
C’est en cela que le conflit est par essence une opportunité précieuse d’apprendre et d’évoluer.
La Médiation humaniste revient donc à restaurer au cœur du chaos la foi de chacun en son potentiel propre à générer la paix.
Cette foi retrouvée par l’œuvre cathartique est le cadeau caché qui mène à une refondation de l’être dans sa relation à l’autre et à lui-même.
